L’arrêt de la cigarette n’a rien d’évident et ne relève pas seulement de la volonté. Même si la résolution est prise, la mise en acte peut rencontrer des rechutes. Il ne s’agit pas seulement d’une simple habitude ou de faiblesse de caractère. La cigarette peut être appréhendée comme un indispensable. L’être justifie sa présence : c’est pour le plaisir, se donner une contenance en société, accompagner une fin de repas, se donner l’illusion de se concentrer, reconnaitre « c’est plus fort que moi »... Fumer est souvent un moyen de combler un manque, une blessure ancienne.
Le recours à des thérapie-cognitivo-comportementales ou à l’hypnose pour arrêter de fumer peut être une solution. Cependant elles rencontrent bien souvent des limites, comme celle d’avoir des effets temporaires. Certaines personnes sont également résistantes à la suggestion. En outre, ce traitement, par suggestion de l’hypnotiseur sur l’inconscient du patient, agit sans révéler l’origine du conflit psychique. Or si les raisons inconscientes du comportement nocif ne sont pas réglées, le symptôme tend ensuite à se déplacer vers d’autres addictions, la nourriture, l’alcool, les jeux vidéo.
Pour mettre un terme à l’addiction et que le sevrage soit effectif, il est important de savoir ce qui se cache derrière cet acte, ce qui y a conduit, ce qu’il symbolise pour soi, à quel évènement il se rattache, à quelle difficulté de séparation il fait écho.
Dans la théorie psychanalytique, le sevrage est une expérience psychique fondatrice. Lors de cette phase, l’enfant rompt avec l’idée de toute puissance et de fusion à sa mère. Selon comment elle se déroule, elle peut engendrer, chez le sujet devenu adulte, une recherche de la fusion perdue ou de l’objet qui comble. Certaines personnes évoquent ainsi que la cigarette fait partie d’eux, la séparation d’avec l’objet est alors inenvisageable.
Arrêter de fumer est un renoncement symbolique à un objet qui apaisait l’angoisse. Lequel objet ne relève pas du plaisir, mais d’une satisfaction douloureuse, de jouissance.
La psychanalyse invite à mettre en mots cette douloureuse expérience de séparation plutôt que de l’acter dans la fumée. Déchiffrer le symptôme et comprendre ce que fumer vient combler symboliquement. En psychothérapie, le patient s’interroge sur la perte occasionnée s’il cesse de fumer. Qu’est-ce que la cigarette vient combler ou lui évite de ressentir ? Depuis quand le vide est-il présent ? comment faire avec ?
Une psychanalysante témoigne ainsi de son parcours de sevrage : au début de sa psychanalyse elle n’envisage absolument pas d’arrêter. Fumeuse depuis quinze ans, elle évoque surtout le plaisir car « j’associe la cigarette à une odeur de maison, chez mes parents, c'est rassurant, familier voire agréable de la retrouver…ça fait partie de moi ». Des évènements de sa vie, notamment son désir d’être enceinte, l’amènent progressivement vers l’arrêt : « j’ai arrêté il y a quinze jours. Hier je vois une cigarette dans la main d’un inconnu, je la veux… j’ai trois ans, c’est l’âge ou j’ai arrêté la tétine, c’est trop de frustration, trop dur. » Elle se remémore le plaisir de la tétine dans la bouche. Et le résultat d’avoir cédé à son envie, « hier cette cigarette, c’était dégueulasse ». Quelques temps plus tard, elle est sidérée, « j’ai arrêté de fumer, c’était inenvisageable, je n’y pense même plus, c’est fou, c’est une victoire et une liberté. Jamais je n’aurai cru que c’était possible que j’en arrive là… D’une part car je ne voulais pas vraiment, la cigarette étant pour moi surtout un grand plaisir, une détente, une posture sociale. Je viens de me libérer des attaches à la cigarette et à [...] Et je me rends compte qu’on n’est pas figé dans la vie. Il y a une nouveauté, un inouï que j’apprends, c’est un savoir sur moi, quelle découverte ! » Rien de miraculeux dans cet abandon de l’addiction, mais un désir solide d’en découdre avec une dépendance et de retrouver une liberté.
L’addiction à la cigarette peut venir panser une blessure infantile, un désir masqué. Découvrir puis comprendre le sens de ce qui est mis en acte dans cette stratégie, voilà ce à quoi je vous invite. Si vous souhaitez mettre un terme à une addiction, arrêter de fumer, vous pouvez débuter une psychothérapie à Paris 9.
